D’après les dernières informations de spécialistes, il y a encore de fortes chances de secousses pendant un mois surtout et même sur une longue période de plusieurs mois et même de plusieurs années.
Il y aurait actuellement un peu moins de 3 % de probabilité de secousses de 7° et plus, 25 % de 6° et plus, et 90 % de secousses de 5° et plus. Une secousse de 5,5° s’est produite encore hier mais plus au sud de Port-au-Prince. Pendant au moins un mois, il faudra attendre d’éventuelles secousses importantes avant de pouvoir se réinstaller dans les maisons qui devraient être contrôlées auparavant par des experts. Les épicentres se déplacent pour le moment vers le sud. Les villes de Gressier, Léogâne, Grand Goâve, Petit Goâve, Jacmel, Miragoâne ont été très touchées et se retrouvent dans la ligne des épicentres. Léogâne a été touchée à 80 % déjà lors du premier séisme du mardi 12.
Pendant un mois, tout le monde devra donc rester dehors la nuit. Cependant, certaines personnes sont déjà rentrées dans leur maison car elles ont peur la nuit (elles disent qu’il y a une importante quantité de diables et de loup garous profitant de cette aubaine …) et ont peur pour leurs enfants.

Pour la reconstruction en général, et des écoles Saint-Alphonse en particulier, il faudra attendre un plan de l’Etat de reconstruction. Des dizaines de milliers de maisons ont été détruites qui menacent elles mêmes de nombreuses autres. On parle déjà de plan Marshall, des réunions regroupant les principaux pays étudient le problème de la reconstruction, notamment de constructions para sismiques. Les nouvelles constructions ou réparations des anciennes seront donc sûrement interdites pour le moment et devront répondre aux exigences des directives de l’Etat. Il est donc à l’heure actuelle difficile d’estimer ce qui doit être fait et d’en avoir des premiers devis provisoires.

Une estimation de la situation des élèves, employés et parents de l’Ecole Saint-Alphonse est en cours, à la Cité Soleil et à Fourgy. Si l’école de Cité Soleil n’est pas assez sécuritaire avec ses bâtiments de deux étages, les locaux de Fourgy accueillent plusieurs familles sur le terrain de football, dans la première cour. Elles se sont regroupées là pour plus de sécurité. Nous pouvons déjà dire que les maisons des parents et employés de Fourgy sont détruites ou endommagées à près de 100 %. Il n’y en a pas une seule qui n’ait rien. Seules les maisons en terre et bois tissés ont tenu. Nous ne savons pas encore quand des experts pourront venir constater les dégâts dans les deux écoles.
En attendant de pouvoir faire plus, nous fournissons aux familles des aides ponctuelles comme par exemple la distribution de cachets de purification de l’eau.

Les banques, les supermarchés ont repris timidement depuis samedi. Les banques et les bureaux de transfert sont surchargés comme on pouvait s’y attendre. Des files de personnes, de plusieurs centaines parfois, attendant calmement leur tour pour y rentrer. Il est donc encore difficile de pouvoir entamer des aides plus importantes, d’autant plus que les sommes pouvant être retirées sont souvent de 5000 gourdes seulement (environ 100 €). Les stations d’essence donnent maintenant du carburant sans difficultés, cependant, il n’y a pas encore d’électricité, les communications téléphoniques reprennent très lentement et restent difficiles, Internet est encore excessivement difficile.
La situation à venir est donc encore sombre, car personne ne pourra rentrer vivre chez elle avant au moins un mois. Sans travail, sans ressources, les prix augmentant déjà fortement, la population devra être soutenue durant un moment. Des maladies et épidémies sont à redouter surtout en ville et dans les quartiers populeux et dans les camps.

A bientôt,

Denis