Les cours terminent pour le moment à 11h, tout simplement parce qu’Haïti est un pays très chaud et qu’il est vraiment intenable de rester trop longtemps sous les bâches. Je crois que sous des tentes, ce serait encore pire. Plusieurs écoles en ont fait l’expérience. Après trois semaines de cours sous les bâches, les enfants ne voulaient plus venir à cause de la chaleur. Les activités n’étant pas encore des cours scolaires et comme beaucoup d’enfants ne sont pas encore venus, les enfants sont pour le moment renvoyés à 11h comme d’ailleurs la plupart des autres écoles. Certains renvoient même à 10 h. Une cantine scolaire permettrait de tenir les enfants un peu plus longtemps. Pour le moment, nous ne pouvons assurer la cantine faute de logistique, de moyens et de place. Mais nous leur donnons un goûter en fin de matinée avec des gâteaux secs et un jus de fruit car les enfants ont vraiment faim et ne pourraient pas tenir très longtemps.

Le Ministère de l’Education nationale a préparé un programme allégé de avril à août précisant que le premier mois devait être orienté sur l’aspect psychologique pour remettre les enfants traumatisés en confiance pour la reprise des cours scolaires progressivement le deuxième mois (mai). Ce quyi fait que, pour le moment, les activités pour le moment ne ressemblent pas à de simples cours scolaires, il s’agit beaucoup de faire s'exprimer les enfants au travers l’expression orale, le chant, le dessin, des travaux manuels, le sport, le jeu, le civisme, des films (télévision, DVD) et la musique, le spectacle… Dans ce domaine, nous avons encore des problèmes de matériels et manquons de support pédagogique divers.

L’effectif à Fourgy est d’environ de 150 enfants pour toutes les classes de primaire, les enfants sont encadrés par les professeurs et les membres de la Direction. Il sera éventuellement possible d’avoir d’autres personnes plus qualifiés et expérimentés pour l’encadrement des professeurs pour l’aspect psychologique des activités, mais il nous faut trouver des moyens pour payer leurs frais et leur donner une indemnité, même minime. Nous avons déjà quelques contacts à ce niveau.

Malheureusement, les pluies ne cessent pas et en ce moment, c'est presque tous les jours ... La cité est régulièrement inondée et il y a beaucoup de boue sur les routes. Les bâches ont du mal à résister aux fortes pluies. Il nous faut acheter encore d'autres lattes de bois. Ce qui est sûr, c'est qu'avec les pluies du mois de mai, les bâches vont vraiment souffrir. Des tôles seraient beaucoup plus solides, il va peut être falloir s'y résoudre, surtout si l'on prévoit les mêmes installations pour la prochaine rentrée d'octobre en attendant une reconstruction de l'école.

Maintenant, je me suis un peu arrêté d'écrire, j’espère pouvoir finir ce courrier ce soir. Il est 10h30 du soir. Nous sommes sous une pluie tropicale battante depuis près d’une heure, cela ne veut pas s’arrêter. Nous étrennons une tente que j’ai achetée, assez grande qui permet au moins quatre lits dont un grand. Nous avons installé également deux grosses bâches au dessus, pour que la pluie s’écoule plus rapidement et ne mouille pas trop la tente. Hélas, elle a plusieurs trous au sol et l’eau pénètre par le sol… Il faudra attendre que cela soit bien sec pour essayer de réparer. On se mouille depuis plusieurs jours, la pluie tombe plusieurs heures et de manière très forte. C’est toujours le branlebas de combat pour mettre les affaires à l'abri, retirer le maximum d’eau puis un grand nettoyage. Nous en profitons pour récupérer le plus d’eau possible dans les récipients. Mais cela n’est pas facile… surtout pour les petits. La nièce de Bénita a accouché samedi soir d’une petite fille à l’hôpital de Chancerelles où je l’ai emmenée. Dès dimanche matin, elle en sortait. Elle a dû s’installer à l’intérieur de la maison à cause des pluies et de la fraîcheur de la nuit qui n’est pas bonne pour le bébé…

Bon, après cet entracte, je m’arrête, comme la pluie d’ailleurs.

A bientôt

Denis