Martyrisées par les pasteurs et les membres de l’église du réveil, Sarah et ses sœurs se sont enfuies dans la rue pour échapper aux supplices sans nom dont elles étaient victimes.
Pour survivre, elles se sont mises à mendier dans la rue. Au bout de quelque temps, la petite Rachel a été prise de diarrhée et de vomissements violents. Sarah était affolée mais personne n’est venu à leur aide. Un passant leur a remis un peu d’argent pour acheter du pain et a conseillé à Sarah de se rendre au Tribunal pour Enfants pour solliciter la prise en charge médicale de sa jeune sœur. Sarah suivit ce sage conseil, les assistants sociaux les ont accueillies et écoutées. Et le tribunal les a envoyées dans notre centre. Arrivées au centre, les filles étaient tristes et traumatisées, elles ne voulaient rien raconter. Après quelques jours de mise en confiance, la plus jeune a partagé leur histoire, en sanglots. Elle a dit combien c’était dur pour elles de subir une telle violence après le décès de leur maman, si loin de leur père qu’elles n’avaient plus vu depuis si longtemps.

Sarah, Esther et Rachel sont hébergées aujourd’hui dans la maison des filles de Ndako Ya Biso. Elles se remettent lentement de leurs traumatismes mais chaque jour qui passe constitue un pas en avant.

Les éducatrices ont réussi dernièrement à établir un contact avec le père de Rachel et Esther. Pour le moment, tout va très doucement, le père ne semble pas très coopératif ni très concerné par l’avenir de ses filles. Quant aux tantes maternelles, elles refusent tout dialogue et continuent à accuser leurs nièces de sorcellerie.

Nous poursuivons des médiations en espérant que l’avenir des ces trois soeurs s’éclaircisse au plus vite.