Fanny a pris sans problème sa nouvelle responsabilité de maîtresse de la maison. Elle a tenu des rencontres très profitables avec les enfants à propos de la vie au centre, de la discipline et de l'organisation des jeux. A la demande des enfants, un système d'épargne a été mis en route : les enfants peuvent dorénavant déposer au centre une part de l'argent qu'ils perçoivent au rond point, afin d'éviter de se le faire voler d’une part, mais surtout en prévision de dépenses futures ou de leur retour en famille.

Seuil très marquant pour les animateurs, le nombre de 200 enfants réunifiés dans leur famille a été dépassé au cours de ce trimestre. Ce palier est d’autant plus important pour toute l’équipe que, parallèlement au suivi des garçons, la prise en charge des filles du rond point Ngaba a commencé, avec toutes les exigences et les difficultés que cela comporte.

Une trentaine de jeunes filles sont ainsi suivies, six d’entre elles sont actuellement enceintes. Un accord est en cours avec la petite maternité où ces trop jeunes mamans de la rue ont l’habitude d’accoucher. Ndako Ya Biso prend ainsi à son compte tous les frais occasionnés par la naissance à la condition qu’il y ait par la suite un lien et un suivi médical de la mère et de l’enfant.
Parmi ces fillettes suivies par le centre, citons simplement le cas d’Isabelle qui, âgée de 10 ans à peine, sans défenses, sourde et quasi muette, s’est perdue dans le quartier Ngaba, a été violée collectivement la nuit par des jeunes du rond point et a erré ensuite quatre jours dans la rue, hagarde, sans savoir où aller ni que faire… Repérée par des enfants du centre qui l’ont emmenée à Ndako Ya Biso, elle a finalement pu être ramenée chez son grand-père qui la cherchait désespérément depuis plusieurs jours !

A vous tous qui soutenez cette action, merci très sincèrement.

Anne Oberlé
Juillet 2008

Si vous voulez nous aider, vous pouvez parrainer les enfants des rues de Kinshasa.