Nouvelle année, nouvel espoir, nouvel élan…. Chaque année, nous encourageons les enfants à passer dans leurs familles biologiques pour présenter ses vœux. C’est là l’occasion de chercher un « pardon », « une réconciliation avec les siens ». Se pardonner à soi-même après une erreur commise, pardonner et amener la famille à pardonner et à se pardonner…

Nous encourageons les enfants à aller au-delà de la peur qui les habite, à l’accepter tout d’abord, puis à l’affronter pour arriver à la dépasser. Sur le chemin de la réconciliation familiale, tout peut constituer un blocage C’est pourquoi les éducateurs passent beaucoup de temps avec les enfants pour les sensibiliser, les soutenir, les encourager et leur rappeler que seule la famille est un lieu de « gratuité de l’amour », le lieu par excellence où l’enfant peut se construire, le lieu privilégié où eux-mêmes pourront se reconstruire.
Nouvel An pour les enfants des rues de Kinshasa Ils étaient 28 enfants cette année à passer la journée du 1er janvier dans leur famille. Chacun avait préparé une carte de vœux pour sa famille, avec un beau dessin et un petit mot personnel. Nous leur avons a donné des vêtements neufs pour qu’ils puissent se rendre dans leur famille en habit de fête. La majorité des enfants disent avoir été bien accueillis malgré tous les problèmes induits par leur condition d’enfant des rues et leurs relations familiales rompues.

Un bilan de cette journée a été fait le lendemain, il a aidé les enfants à évaluer leur relation avec leur famille et nous a permis de savoir comment ils vivent cette situation. Les commentaires étaient les suivants :
  • « Tout s’est très bien passé, j’avais même l’impression de ne jamais avoir été dans la rue et ma famille était vraiment ravie de me revoir pour cette nouvelle année qui commence. Ma famille m’a même proposé de rester, j’ai beaucoup réfléchi et j’ai dit non. Et maintenant je ne sais pas pourquoi j’ai refusé... »
  • « J’étais en famille mais je ne me suis pas senti bien accueilli… ». Un bon nombre d’enfants ont manifesté ce sentiment alors qu’ils attendaient beaucoup de cette rencontre. Ce fut un choc pour eux et une raison suffisante pour refuser le retour dans leur famille.
  • « J’ai préféré aller voir un membre de famille autre que mes parents, et celui-ci m'a bien reçu. »
  • « Je n’ai pas osé aller voir ma famille, j’ai eu peur que mes frères s’en prennent à moi et j’ai préféré passer ce moment de fête dans la famille qui m’a accueilli le jour de Noël et où j’étais bien. ».
Enfant des rues réunifié avec sa mère Cette visite en famille a causé un véritable déclic chez certains enfants, elle les a motivés et a réveillé en eux l’envie de vivre en famille. C’est ainsi que cinq enfants ont non seulement passé la nuit chez leurs parents, mais ils ont aussi décidé de retourner y vivre.

Nouvelle année, nouvel espoir …

Ce premier jour de l’année passé en famille a fait naître des espoirs dans le cœur des enfants, bien que cela ne se soit pas toujours passé comme ils le souhaitaient.
Malgré tout, il aura été un moment important qui a rappelé aux enfants que la famille est un lieu à part, à nul autre semblable.

Tous les enfants et les éducateurs vous souhaitent une excellente année 2015. Très émus de votre fidélité à leur égard, ils vous remercient du fond du cœur pour votre soutien généreux et votre souci d’améliorer les conditions de vie des enfants de la rue et de leur famille.

L'équipe des animateurs
Février 2015

Si vous voulez nous aider, vous pouvez parrainerles enfants des rues de Kinshasa.