Scolarité
Fratrie de jeunes orphelins du sida au Rwanda Dans toute la mesure du possible, le Point d’Ecoute favorise la scolarisation des orphelins du VIH/SIDA en payant tous les frais afférents avec la fourniture des uniformes et du sac à dos, l’octroi du matériel scolaire.

Le Point d’Ecoute assure également le suivi des études car, comme brossé ci haut, ces enfants n’ont pas auprès d’eux de personne adulte capable d’assurer leur contrôle social et c’est dans ce cadre que des visites sont régulièrement effectuées, tant au niveau de l’école qu’au niveau des fratries.

Le Point d’Ecoute appuie ainsi la scolarisation de 233 orphelins du sida répartis de la manière suivante:
  • 197 enfants à l’Ecole primaire
  • 36 enfants à l’Ecole secondaire

Ecole Secondaire
Niveau Total Garçons Filles
4ème Année 1 - 1
3ème Année 9 6 3
2ème Année 12 7 5
1ère Année 14 7 7
Total 36 20 16
Ecole Primaire
Niveau Total Garçons Filles
6ème Année 27 15 12
5ème Année 34 22 12
4ème Année 37 18 19
3ème Année 35 18 17
2ème Année 36 15 21
1ère Année 28 13 15
Total 197 101 96


avec une parité presque atteinte :
  • 112 filles
  • 121 garçons

Appui au petit élevage
Petit élevage pour les orphelins du sida Au lieu de me donner un poisson, il faut m’apprendre à le pêcher.

Les enfants orphelins reçoivent tous les deux mois une aide alimentaire mais il faudra un jour que ces aides s’arrêtent.
Dans le souci de préparer les enfants à se prendre en charge et les aider ainsi à devenir autonomes, le Point d’Ecoute encourage et appuie la mise en place d’activités génératrices de revenus, le petit élevage ainsi que la formation professionnelle.

Actuellement, sur 125 ménages encadrés, 114 ont reçu au moins une chèvre, 38 ont reçu des poules.
Le tableau ci-dessous reprend l’état du cheptel de chèvres au 30 juin 09 :
Zone Cheptel au 31 mars 09 Chèvres octroyées  Décès  Naissances (hors ventes) Chèvres en gestation Cheptel au 30 juin 09
Nyamyumba 80 - - 2 7 82
Cyanzarwe 42 10 1 6 10 57
Kanama 39 3 - 3 3 45
Gisenyi 12 - 1 - 1 11
Total 173 13 2 11 21 195
Notes :
  • Les chèvres et poules reçues en cadeaux solidaires ne sont pas mentionnées dans ces chiffres.
  • Quatre nouveaux ménages de Cyanzarwe seront servis au cours du troisième trimestre 2009.
  • Les deux ménages dont la chèvre octroyée est morte recevront une nouvelle chèvre d’ici à la fin de l’année.
En parallèle, il y a lieu de se féliciter de ce projet car, parmi les ménages qui ont bénéficié de l’octroi de petit bétail, il y a par exemple un ménage qui a pu acquérir une vache grâce à l’élevage des chèvres. Il s’agit de Habimana Jean-Paul, Bigirwanimana et leur grand frère chef de ménage Maniriho Elias qui veut à présent devenir éleveur de gros bétail !
De même, appréciant l’élevage de porc, plus prolifique que les chèvres, quatre ménages ont vendu leurs chèvres pour les remplacer par les porcs. Nous citerons par exemple Yanfashije Vestine et sa fratrie, Vestine étant elle-même élève en 3ème année d’école secondaire.
Activités génératrices de revenus
Activités génératrices de revenus : Constantine et son petit commerce de braises Pour permettre aux orphelins de parvenir progressivement à l’indépendance financière, le Point d’Ecoute soutient la mise en œuvre d’activités génératrices de revenus, dénommées communément AGR. La première expérience faite avec les jeunes mamans de la zone Nyamyumba nous a fort impressionnés, au point que nous avons décidé d’étendre l’action aux plus âgés des chefs de ménages pour leur permettre d’accéder à leur autonomie.
C’est ainsi que quatorze fratries ont bénéficié d’une bourse de 30.000 Frw pour démarrer leur activité. (45 € environ) Dès le départ, les jeunes ont très bien travaillé. Leurs activités étaient centrées sur le petit commerce des produits alimentaires, certains ont préféré les produits de première nécessité, d’autres ont choisi d’y associer la culture de tomates et le petit élevage de porcs. Ces activités leurs ont permis de satisfaire une partie des besoins vitaux de leur foyer.

Certains d’entre eux ont cependant rencontré des difficultés. Ils ont réagi de manières différentes, certains s’en sont bien tirés.

Les deux jeunes qui avaient choisi le commerce des bananes mûres se sont heurtés au problème de pénurie due à la maladie kirabiranya qui s’est attaquée aux bananiers de la région.

- GAKURU Pascaline, dès qu’elle a constaté une faillite de 5.000 Frw, a préféré acheter une petite parcelle avec la somme restante. Elle y a planté 40 plants de caféiers et y cultive également du soja. Elle vient de faire une première récolte de 40 kg environ.

- SIBOMANA Eric, lui aussi, a abandonné le commerce des bananes. Il s’est alors contenté de sa culture des tomates et d’aubergines qui lui réussit bien, en complément de son élevage de chèvres précédemment commencé grâce à l’octroi d’une première chèvre de la part de son Parrain. Dès la première récolte, il s’est construit une petite maison de 4 chambrettes. Maintenant, la fratrie est à l’abri sous un bon toit et n’a plus trop de soucis. SIBOMANA continue son activité avec un petit capital épargné à la Banque Populaire.

Parallèlement à ces bons rétablissements, une des jeunes mamans de Nyamyumba n’a vraiment pas eu de chance.
C'est MUKESHIMANA Constantine qui avait préféré l’élevage de porcs et elle a acheté un porc d’une valeur de 25 000Frw. Hélas, il vient de mourir de maladie. Découragée, MUKESHIMANA reste juste avec le petit commerce de braises qu’elle avait commencé à partir des 5.000 Frw qui restaient.

Mais parlons également de ceux qui réussissent fort bien leur activité :

- UWIZEYIMANA Jean-Baptiste et NDACYAYISENGA Chantal sont deux jeunes qui travaillent d’arrache pied. Ils ont chacun un petit commerce de produits de première utilité. Ce sont eux les champions qui réussissent le mieux, ils sont capables de satisfaire presque entièrement les besoins de leur ménage, les fratries mangent à leur faim et en plus ils ont des comptes en banque. Le compte épargne de NDACYAYISENGA est de 60.000 Frw tandis que celui de UWIZEYIMANA est de 30.000 Frw.

- NYIRANTEZIRYAYO Odile a commencé par tenir un commerce d’huile de palme et de farine de manioc. Elle a acheté deux poules puis, ayant épargné la somme de 40.000 Frw, elle a revendu tout son stock et acheté une plantation de 15 caféiers qui aident bien sa fratrie pour les besoins du ménage.

- MUKANDAYISENGA Dative a commencé par son commerce de patates douces. Elle aussi, elle a épargné sur son compte en banque jusqu’à avoir 30 000Frw. Avec cela, elle a acheté trois moutons pour compléter son petit élevage constitué des chèvres octroyées de la part de sa Marraine et des chevreaux qui en sont nés. Aujourd’hui, MUKANDAYISENGA satisfait une partie des besoins de la fratrie avec son activité d’élevage.

Aide alimentaire
Malgré le processus en cours qui vise l’autosuffisance alimentaire et l’indépendance économique des ménages d’orphelins, une aide alimentaire reste indispensable pour la survie des enfants.

Aide alimentaire aux orphelins du sida C’est pourquoi le Point d’Ecoute continue les distributions de vivres qui sont pratiquées, rappelons-le, tous les deux mois, au prorata du nombre d’enfants qui composent les fratries.

C’est ainsi que chaque enfant a bénéficié ce trimestre de 10 kg de haricots, 6 kg de farine, 2 kg de riz, 1 kg de poissons séchés, 75 cl d’huile et 2 pains de savon.

Le Point d’Ecoute réitère ses remerciements à tous ceux qui soutiennent son action et contribuent à l’amélioration des conditions de vie des enfants vulnérables pour un monde meilleur.

Aloys Kaberuka
Coordonnateur du Point d'Ecoute
Juillet 2009

Pour soutenir notre action, vous pouvez vous aussi parrainer un orphelin du sida au Rwanda.