Toute la journée, nous entendons des témoignages d’école, église, centre, maison écroulée avec de très nombreuses personnes dessous, sans que personne ne puisse rien faire. Le nombre de maisons écroulées ou fissurées est très important, près de la moitié pour Port-au-Prince. L'odeur des cadavres en décomposition incommode fortement le voisinage. On commence à craindre des épidémies et à parler d’évacuation de la population de Port-au-Prince.

En province, la ville de Jacmel a été très touchée, à près de trois quart détruite. Les villes du Sud de Port-au-Prince, telle que Gressier, Léogâne, Grand Goâve et Petit Goâve sont également très touchées. La route de Jacmel est coupée, sans donc de communication avec la capitale. Il n’y a ni électricité, ni commerces, banques, ni pompe à essence, la plupart des téléphones ne fonctionnent pas et sont déchargés. Il est donc presque impossible de communiquer avec des proches. De nombreuses personnes marchent dans les rues à la recherche de nouvelles de parents. L’eau commence à être rare et c’est un gros problème pour les sans abris. L’avenir est donc très, très sombre. L’école n’ouvrira sûrement pas ses portes avant la rentrée prochaine. La grande majorité des établissements scolaires sont détruits. Les survivants, professeurs, élèves ne sont pas prêts psychologiquement à rentrer en salle de classe, surtout un établissement en dalle de béton… Je crois qu’il faudra du temps, de nombreuses années, pour que les gens s’en remettent.

Concernant l’école Saint-Alphonse, apparemment les bâtiments qui ne se sont pas effondrés, ne sont pas solides et penchent. Cela demandera donc une inspection de spécialistes pour évaluer les dégâts et les bâtiments sécurisés. Mais quand ? Les urgences sont nombreuses et dureront de nombreuses semaines.

De mon côté, je ne peux pas encore vraiment sortir, les déplacements sont difficiles faute de carburant. J’ai cependant plusieurs collaborateurs à Cité Soleil qui font une évaluation progressive des dégâts au niveau physique et matériel de toutes les personnes des écoles Saint-Alphonse, employés et élèves, parents ou proches. Déjà, deux morts sont confirmées hélas, mais beaucoup restent sans nouvelles. De nombreuses maisons sont cependant complètement détruites. De petites distributions en eau ou masques sont effectuées pour les proches des écoles. Cependant, nous n’avons pas de moyens et les banques étant fermées pour une durée encore indéterminée, il n’est pas possible d’avoir de l’argent liquide pour acheter de quoi aider les gens dans le besoin.

Nous espérons que la situation va pouvoir évoluer rapidement, en attendant chacun attend avec ses propres problèmes.

Je vous tiens au courant, ne nous oubliez pas !!!!

Denis