en savoir plus sur ce centre d'accueil pour enfants des rues à Kinshasa
En ce début de mois de
décembre, nous célébrons déjà le cinquième anniversaire du commencement de
notre travail avec les enfants de la rue à Kinshasa: Pour mémoire, c'est ainsi
dès les premiers mois de 2004 que, avec l'aide d'Arnold, jeune anthropologue
résidant dans le quartier, nous avons commencé à faire une enquête pour mieux
connaître ces jeunes de la rue très nombreux autour du rond-point Ngaba. SOS
Enfants a alors décidé de prendre le salaire d'un animateur, et c'est ainsi
que, suite à notre étude, Arnold a officiellement commencé le 1er décembre 2004
son travail d'appui aux enfants dans la rue, sans avoir encore à ce moment de
maison d'accueil, nous la louerons à partir de septembre 2005. Mais en ouvrant
nos archives, je revois tous nos rapports mensuels depuis celui de décembre
2004, soit déjà 61 rapports !Quel chemin parcouru en cinq ans ?
Je me souviens encore des premiers enfants que nous avions rencontrés dans la rue avec Arnold. Il y a parmi eux Junior dont nous avions retrouvé la maman à Kisangani. Il va terminer cette année-ci ses six ans de secondaire et passer son diplôme de fin d'études ; il a écrit un mot aux enfants du centre qui le connaissaient encore pour leur dire « plus jamais la rue ». Il y a Gloire qui a pu être réunifié chez sa maman et qui réussit bien à l’école secondaire ; il voudrait devenir enseignant ! Christian est devenu le plus qualifié des apprentis du garage où nous l'avons placé...
Devant le nombre sans
cesse croissant d’enfants suivis par le centre Ndako Ya Biso, une
réorganisation en profondeur était devenue nécessaire et l’organigramme a été
remis au point : placées sous la tutelle de Jean-Pierre Godding, responsable du
projet, trois directions d’activités ont été définies.
Judith a 17
ans et elle vit depuis 7 ans dans la rue. Nous l’avons rencontrée alors qu’elle
était enceinte de 7 mois. Elle a bien voulu nous accompagner chez ses parents
avec lesquels elle garde une relation en allant les visiter de temps en temps.
Ils habitent dans un quartier très lointain et isolé, au bord d’une rivière,
nous avons du prendre une pirogue pour y arriver. La famille vit dans une très
grande pauvreté, la maison familiale est une petite hutte de branchages et de
morceaux de bâches, pratiquement vide à l’intérieur. La famille vit de la pêche
et du petit commerce, mais le capital de la maman pour son petit commerce de
condiments ne dépasse pas 5$.
Les filles de la rue ont
d’habitude un garçon qui leur est plus plus proche, leur « love », avec lequel
elles pratiquent des relations sans préservatif et qui joue auprès d'elles le
rôle de « protecteur ». Un grand nombre de filles de la rue tombent enceintes
et, si elles n’arrivent pas à avorter, elles ne gardent pas leur enfant, une
charge trop lourde dans la rue, mais le laissent à la famille de leur love ou à
leurs propres parents.