Pour nous aider, vous pouvez parrainer les enfants des rues de Kinshasa.
Espoir a 11
ans, il a été confié à la garde de son oncle maternel après le décès de sa
mère. Mal nourri, mal suivi, violenté par son oncle, il a pris l’habitude du
vol pour survivre.Un jour qu’une course lui avait été confiée, l’enfant en a profité pour s’amuser et détourner l’argent. A son retour à la maison, son oncle l’a chassé en lui disant qu’il ne voulait plus le revoir avant qu’il ne rembourse l’argent confié. C’est ainsi que l’enfant a quitté la maison pour la rue où il a passé deux mois avant que nous puissions le trouver au rond-point Ngaba.
Terrorisé à l’idée de retourner chez son oncle, Espoir a préféré nous donner l’adresse de son grand-père que nous avons pu rapidement rencontrer pour tenter d’arranger les choses. Celui-ci nous a bien reçu, il s’est montré désolé et compréhensif et a accepté sans problème de prendre l’enfant en charge. Quand nous lui avons amené Espoir, il a été très content de retrouver son petit-fils et l’a accueilli gentiment. Nous l’avons inscrit en 3ème année de l’école primaire, il commence doucement à se stabiliser et semble content de sa nouvelle vie.
Argane a 13
ans. Sa mère est décédée en 2000 et son père, un militaire, s’est remarié
récemment. Mais la nouvelle femme a déjà trois enfants plus jeunes, elle
n’apprécie pas Argane et refuse de s’en occuper. Elle le délaisse totalement et
ne lui donne pas à manger comme aux autres enfants de la maison.
Yannick est un enfant âgé
de 13 ans, sa mère est décédée, son père a préféré l’oublier et c’est son
grand-père maternel qui a bien voulu l’accueillir. Mais l’enfant, avec son
cousin André, a volé et vendu quatre chaises en plastique de son grand-père,
puis, ayant peur de la sanction, il est parti dans la rue.
Magloire a 12 ans et a passé deux mois dans la rue : Sa maman a eu ce premier
fils avant son mariage actuel ; ils vivent dans une toute petite maison avec
trois autres enfants. Le mari de la maman a d’abord accepté d’accueillir
l’enfant mais sans rien faire pour lui. Pour trouver de quoi manger, Magloire
était obligé de passer la plus grande partie de ses journées dans la rue. Puis
un jour, le père a dit qu’il ne voulait plus le voir dans sa maison en raison
de son indiscipline.
Judith a 17
ans et elle vit depuis 7 ans dans la rue. Nous l’avons rencontrée alors qu’elle
était enceinte de 7 mois. Elle a bien voulu nous accompagner chez ses parents
avec lesquels elle garde une relation en allant les visiter de temps en temps.
Ils habitent dans un quartier très lointain et isolé, au bord d’une rivière,
nous avons du prendre une pirogue pour y arriver. La famille vit dans une très
grande pauvreté, la maison familiale est une petite hutte de branchages et de
morceaux de bâches, pratiquement vide à l’intérieur. La famille vit de la pêche
et du petit commerce, mais le capital de la maman pour son petit commerce de
condiments ne dépasse pas 5$.
Jonathan a 8 ans et
habite avec ses deux parents, mais ceux-ci vivent dans une très grande misère.
Le papa assure un gardiennage, mais avec un très faible revenu, et la maman ne
fait rien. Peu à peu, l’enfant a commencé à être considéré comme un sorcier,
responsable de la grande pauvreté et du malheur de la famille. Ne supportant
plus cette chose, Jonathan est parti, il a passé trois semaines dans la
rue.
Julio a 12
ans ; il est orphelin de mère et a été accueilli par son oncle maternel. Mais
celui-ci vit dans la misère et n’a pu réellement prendre en charge l’enfant qui
s’est senti abandonné et a commencé à vivre dans la rue. Julio a passé plus de
trois ans dans la rue avant que nous puissions faire sa connaissance. Nous
avons pu contacter la famille qui n’a pas fait de difficultés pour récupérer
l’enfant; l’oncle nous a même dit que cet enfant était son avenir s’il pouvait
arriver à le prendre en charge.
Les filles de la rue ont
d’habitude un garçon qui leur est plus plus proche, leur « love », avec lequel
elles pratiquent des relations sans préservatif et qui joue auprès d'elles le
rôle de « protecteur ». Un grand nombre de filles de la rue tombent enceintes
et, si elles n’arrivent pas à avorter, elles ne gardent pas leur enfant, une
charge trop lourde dans la rue, mais le laissent à la famille de leur love ou à
leurs propres parents.
C’est un semestre riche
en émotions que nous venons de passer. Le reportage télévisé diffusé sur TF1 en
mars a eu sur le fonctionnement de Ndako Ya Biso un impact que nous n’aurions
jamais soupçonné. Vous avez été nombreux à nous manifester votre solidarité et
nous vous en remercions très sincèrement. Les enfants ont largement bénéficié
de votre générosité qui a sensiblement modifié leurs conditions de vie. Le
Centre a pu être rénové et repeint à neuf, et c’est peu dire qu’il en avait
besoin car les locaux étaient vraiment vétustes. Des casiers individuels
fermant à l’aide d’un cadenas ont été installés et mis à leur disposition, en
réponse à une demande pressante qu’ils nous faisaient. En effet, ils
souhaitaient tous pouvoir mettre à l’abri les maigres biens qui sont les leurs
et qu’ils se font régulièrement voler lorsqu’ils prennent un peu de repos la
nuit dans la rue.
Yves a 14
ans, il a passé 3 ans dans la rue : sa maman est décédée et son père s’est
remarié avec une nouvelle femme. Celle-ci, attachée à ses propres enfants,
n’aimait pas le fils de la première femme de son mari et le faisait sentir à
l’enfant tout en faisant au père des rapports cruels et injustifiés sur la
mauvaise conduite de son fils. Confiant en sa femme et excédé par cette
situation, le père d’Yves a chassé l’enfant en lui disant de trouver refuge
dans la famille de sa mère. Se sentant rejeté et abandonné, ne trouvant pas la
famille de sa mère, Yves a préféré descendre dans la rue.
Son nom est
FRANCK, ou plutôt KABILA comme on l’appelle dans la rue en raison de sa
corpulence et de sa petite taille, à l’image de l’ancien président du
Congo.
